A raz de sol

C’est une règle trop souvent oubliée en photographie : on doit se mettre autant que possible à la hauteur de son sujet. Que faire en forêt ? Trop court sur pattes pour flirter avec la cime des arbres, je prends souvent le parti de regarder plus près de moi : au raz du sol… On change d’échelle, pour entrer dans un mini-monde de textures dont je ne me lasse pas, surtout quand une belle lumière s’en mêle !

Ma plaine…

Bientôt un mois que l’on tourne tous en rond à moins de 10km de chez soi… Au final, je verrai au moins un avantage à cette mesure : je n’ai jamais autant découvert mon environnement proche que depuis que je n’ai que lui à me mettre sous la semelle et sous le déclencheur ! Depuis fin Mars, je suis le Rû de Gally. Et j’ai fait étape à Mézu, bien sûr, mais aussi à Rennemoulin et sur deux nouveaux terrains de jeu situés à Davron et à la ferme des Moulineaux.

Les prairies succèdent aux champs. Les étendues cultivées immenses du centre de la Plaine laissent un peu de place à quelques bosquets… dont certains révèlent parfois leurs secrets : j’ai trouvé l’endroit propice aux barrages et probablement aux trempettes des gamins cet été ! Décidément, la Plaine de Versailles n’a pas fini de surprendre…

Ca rouille…

Quelques très belles journées de cette fin Mars et un confinement nettement plus sympathique que l’an dernier m’ont permis de sortir un peu les Nikons. Et ils en avaient grand besoin ! Outre les démangeaisons dans l’index du photographe télétravailleur (dire qu’il y a deux ans, je prenais le chemin des écoliers pour aller au boulot !!), j’étais pressé de rechercher mon ami Goupil et, peut-être, sa progéniture de l’année. Gourmand aussi de ces matins brumeux qui m’ont tant manqué ces derniers mois. Et enfin, aussi, curieux de voir comment ma carcasse rouillée allait réagir au poids du matos, aux marches devenues si raides…

Le résultat n’est pas folichon… Rayon d’action réduit. Et je vais essayer d’expérimenter une solution de portage qui me paraît prometteuse plutôt que de renoncer au téléobjectif. Et si jamais ça ne suffisait pas, je passerais à du matériel plus petit, plus léger… On n’y est pas encore mais tout cela occupe pas mal d’espace dans ma tête de photographe cabossé. Qui fort heureusement ramène encore des images de ses balades de « sa » forêt du bout de la rue !

Dancevoir

Dancevoir, petit village du Sud de la Haute Marne, à quelques pas de la Côte d’Or. Centre quatre vingt quatorze habitants d’après l’INSEE. Commune du tout jeune onzième parc national  français. Qui connait ?

Et pourtant… On ne peut que recommander l’endroit même si on serait aussi tenté de le garder pour soi, comme un bon coin à champignons. Ce nid de verdure, ce havre de paix pour les parents dont les enfants vont et viennent d’une maison à l’autre sans se soucier de la circulation, ce paradis des amateurs de nuits étoilées tant la pollution lumineuse y est peu présente, ce lieu d’élection des rarissimes cigognes noires… est aussi un pôle intense de vie sociale : pensez qu’un bon tiers des habitants est de la famille (un peu élargie, je l’accorde…), des cousins et si ce ne sont des cousins, ils vous invitent quand même. Les garçons ont même inventé un mot : à Dancevoir, on est toujours entre cousinvités ! 🙂

Et, ça, comme bouquet final des vacances, ça fait un bien fou. Alors que dire quand, en plus, cette bouffée de petits bonheurs et de chaleur humaine vous est distillée à l’issue d’un été au programme chahuté par un [CENSURE] de virus ? Et bien, merci, un immense merci… à Dancevoir et à ses habitants d’avoir fait de nous cette année encore leurs cousinvités !